Logo de la bourse Euronext, près de Paris
par Diana Mandia
Wall Street est attendue sur une hausse prudente et les Bourses européennes avancent vendredi à mi-séance, les résultats des entreprises étant bien accueillis et les signes d'une accalmie dans le secteur technologique redonnant confiance aux investisseurs.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,37% pour le Dow Jones et de 0,17% pour le Standard & Poor's-500, tandis que le Nasdaq, qui a réussi à enregistrer de légers gains la veille, montre une tendance indécise (-0,01%).
À Paris, le CAC 40 gagne 0,39% à 7.965,61 points vers 10h52 GMT. À Francfort, le Dax avance de 1,05% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,10%.
L'indice EuroStoxx 50 progresse de 0,76% et le FTSEurofirst 300 de 0,62%, tandis que le Stoxx 600 prend 0,65% et est en passe d'enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis fin juin.
L'attention des investisseurs se concentre sur la publication des résultats trimestriels des sociétés cotées, qui contribuent à stabiliser les marchés d'actions à l'issue d'une nouvelle semaine marquée par la volatilité, et notamment par une vague de ventes de titres technologiques.
Les bénéfices des entreprises de l'indice Stoxx 600 devraient progresser de 20,7% au troisième trimestre par rapport à la même période de l'année précédente, selon les dernières données fournies par LSEG I/B/E/S.
La dernière tempête autour de la "tech", due aux inquiétudes liées à la concurrence chinoise et à l'endettement résultant de la course effrénée à l'IA, semble s'apaiser, du moins pour l'instant, même si les places boursières européennes, moins exposées à ce secteur que New York ou certains marchés asiatiques, ont été plutôt épargnées.
La publication, mercredi, de données indiquant une inflation supérieure aux prévisions a mis une nouvelle fois en évidence le coût élevé de l'endettement pour développer l'IA, ce qui a conduit les investisseurs à se tourner vers la sécurité des obligations et s'éloigner des actions.
"Le véritable enjeu n'est plus de savoir si l'IA va transformer l'économie, mais de déterminer jusqu'où les marchés peuvent valoriser cette transformation avant que les contraintes de financement et de rentabilité ne deviennent un frein", écrit dans une note Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.
Les investisseurs craignent sans aucun doute l'impact d'une politique monétaire plus restrictive sur le secteur vedette de la Bourse, mais pour l'instant, ils semblent plutôt convaincus que la Réserve fédérale (Fed) maintiendra ses taux inchangés ce mois-ci avant de les relever en décembre.
Entre-temps, le président de la banque centrale, Kevin Warsh, s'est montré, comme à son habitude, très réservé à ce sujet à Bangkok, dans le cadre des réunions du FMI et de la Banque mondiale, répétant qu'il ne préjugeait pas de l'issue des réunions de politique monétaire.
Si l'inflation s'accélère aux États-Unis, d'autres indicateurs incitent à la prudence, sans même parler de la lassitude de la population face au coût de la vie à l'approche des élections de mi-mandat le mois prochain.
"Les dépenses sont avant tout soutenues par les ménages situés dans le haut de la distribution des revenus", souligne Bruno Cavalier, chef économiste chez ODDO, qui ajoute qu'en septembre, les ventes au détail ont été moins robustes que le chiffre d'ensemble ne le suggère à première vue.
Dans la zone euro, les marchés s'attendent également à un statu quo des taux de la Banque centrale européenne (BCE) ce mois-ci et à une hausse en décembre, ce qui serait la troisième de l'année, l'inflation ayant grimpé à 3,8% sur un an, comme l'ont confirmé ce vendredi les chiffres définitifs d'Eurostat.
Le FMI a réaffirmé vendredi cette perspective dans un rapport consacré à l'Europe, dans lequel il prévoit une hausse des taux d'intérêt de 25 points de base au moins une fois encore cette année.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, doit prendre la parole dans les prochaines heures à Bangkok, aux côtés d'autres responsables de la politique monétaire européenne.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
L'opérateur de centres de données CoreWeave, qui se retrouve dans l'oeil du cyclone du fait de sa lourde dette, reculé de 4,1% vendredi en avant-Bourse après avoir rebondi de près de 6% la veille, aidé par les propos rassurants du directeur général de Nvidia, deuxième actionnaire du groupe.
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Schneider Electric recule de 0,47%, effaçant ses gains de début de séance, après avoir relevé pour la deuxième fois de l'année ses objectifs de 2026, porté par la demande des géants du cloud pour les centres de données dédiés à l'IA.
Ailleurs en Europe, le fabricant de puces Aixtron progresse de 4,6% après avoir dépassé les prévisions concernant les prises de commandes au troisième trimestre et confirmé ses prévisions annuelles.
Nordex bondit de plus de 12%, le fabricant d'éoliennes ayant annoncé un résultat opérationnel du troisième trimestre supérieur aux prévisions et revu à la hausse ses perspectives de marge pour l'ensemble de l'année.
TAUX
Les rendements obligataires se stabilisent vendredi après un fort recul la veille, provoqué par l'intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges.
Le rendement du Bund allemand à dix ans gagne 2,1 points de base à 3,4282% et celui du titre à deux ans recule légèrement à 3,0752%.
Le recul des rendements est intervenu alors même que ceux-ci atteignaient leurs plus hauts niveaux depuis plus de deux décennies, sous l'effet des craintes inflationnistes et budgétaires.
En France, où ces turbulences ont été particulièrement marquées en raison de l'incertitude quant à l'avenir du projet de budget 2027 actuellement débattu à l'Assemblée nationale, le rendement de l'OAT à dix ans affiche un gain de 2 points de base vendredi, à 4,8094%, après avoir perdu plus de 7 points cette semaine.
La dette publique, qui sert traditionnellement de valeur refuge face aux actifs plus risqués, n'a pas pu remplir pleinement ce rôle pendant la majeure partie de cette année, car la hausse vertigineuse des prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient a conduit les investisseurs à anticiper un resserrement de la politique monétaire, faisant grimper les rendements.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 1,5 point de base à 5,1020% et le deux ans s'établit à 4,7465%, quasi inchangé.
CHANGES
Le dollar perd 0,44% face à un panier de devises de référence, la baisse des rendements américains ayant rendu le billet vert moins attractif.
Selon les analystes, les inquiétudes liées à l'IA pourraient le faire baisser encore davantage.
L'euro gagne 0,43% à 1,1266 dollar.
PÉTROLE
Le marché pétrolier évolue sur de faibles variations vendredi mais devrait enregistrer des gains hebdomadaires en raison de l'incertitude concernant les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient et d'une baisse plus importante que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière.
Le Brent grappille 0,05% à 105,97 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,33% à 97,65 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 16 OCTOBRE :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 13h15 Production industrielle septembre
- sur un mois 0,4% 0,0%
- sur un an n.d. 1,42%
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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